Deuil et désir sexuel : quand Cupidon met son arc en berne
- Hélène Poivey

- 19 janv.
- 3 min de lecture

Le deuil est une tempête émotionnelle qui chamboule tout sur son passage. Il bouscule nos repères, nos envies, nos émotions, et parfois… notre libido.
Eh oui, face à la perte d’un être cher, notre désir sexuel peut soit s’évaporer comme une flaque au soleil, soit surgir de façon inattendue.
Mais pourquoi cette montagne russe émotionnelle ? Et surtout, comment naviguer tout ça sans se juger ?
Le deuil, ce grand chambouleur de vie

Contrairement à ce qu’on pense souvent, le deuil ne concerne pas uniquement la perte d’une personne. Il peut aussi survenir après une séparation amoureuse, un licenciement, un changement de vie brutal… Bref, tout ce qui nous oblige à dire adieu à une partie de notre histoire.
Elisabeth Kübler-Ross, une psychiatre qui a beaucoup travaillé sur le sujet, a défini cinq grandes étapes du deuil (mais attention, elles ne sont pas forcément linéaires) :
1. Le choc et le déni
"Non, ce n'est pas possible." On peine à y croire, notre cerveau met un filtre sur la réalité.
2. La colère
"Pourquoi moi ?" On cherche un responsable, on en veut au monde entier, voire à soi-même.
3. Le marchandage
"Et si j’avais fait ça différemment ?" On essaie mentalement de refaire l’histoire pour éviter la douleur.
4. La dépression
"Ça ne sert à rien, je suis vidé.e." La tristesse s’installe, la fatigue aussi.
5. L’acceptation
"C’est difficile, mais je continue d’avancer." L’apaisement revient peu à peu, la vie reprend ses couleurs.
Ces étapes influencent notre libido, qui peut passer par le mode pause, turbo, ou montagnes russes, selon les moments.
Un corps en pause (ou en surrégime)
Lorsqu’on traverse un deuil, notre cerveau est en mode survie. Le stress, la tristesse et l’anxiété prennent le dessus, et notre organisme mobilise son énergie pour nous permettre d’avancer. Dans ce contexte, la libido peut passer au second plan, comme un DJ qui coupe la musique en plein slow.
Mais parfois, c’est tout l’inverse : certains ressentent un regain de désir, une pulsion de vie qui pousse à chercher du réconfort dans la connexion physique. Comme si, face à la fragilité de la vie, le corps voulait rappeler qu’il est bien vivant.
Le désir en mode montagne russe

Disparition totale :
Pour certains, le désir sexuel devient un concept aussi lointain que leurs résolutions du Nouvel An. Trop d’émotions, trop de fatigue, pas envie. Et c’est normal !
Pulsions soudaines :
D’autres peuvent ressentir un besoin intense de contact, comme une bouée dans la tempête. L’envie d’être touché.e, tenu.e, rassuré.e. Là encore, c’est une réaction naturelle.
Des hauts et des bas :
Un jour sans, un jour avec, un ascenseur émotionnel qui fait du surplace… Le deuil n’est pas linéaire, et la libido non plus.
Comment vivre son désir (ou son absence de désir) sans culpabilité ?
Accueillir ce qui vient :
Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » réaction. Votre libido vous fait le coup du silence radio ? Ok. Elle décide de s’inviter sans prévenir ? Ok aussi.
Communiquer avec son/sa partenaire :
Si vous êtes en couple, expliquez ce que vous ressentez. Un.e partenaire compréhensif.ve, c’est comme un bon plaid un soir d’hiver : ça fait du bien.
Prendre soin de soi :
Le désir passe aussi par le bien-être global. Se reposer, se faire plaisir (même avec un chocolat devant une série réconfortante), ça compte.
Consulter si besoin :
Si l’absence de désir devient pesante ou si elle génère de l’angoisse, en parler avec un.e professionnel.le peut aider à remettre un peu de lumière sur tout ça.

Un chemin vers l’apaisement
Le désir, après un deuil, est un peu comme une fleur après l’hiver : il pousse à son rythme, parfois là où on ne l’attend pas. L’essentiel, c’est d’écouter son corps, sans pression, sans culpabilité.
Parce que la sexualité,
comme la vie,
est pleine de nuances,
et qu’après la tempête,
le soleil finit toujours par revenir.




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